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« Le Capital Vert » au cœur de la transition écologique

7 mai 2014

LE CAPITAL VERT
Pour Christian de Perthuis, économiste et spécialiste des questions climatiques, c’est le trop-plein et non le manque de carbone que nous devrons apprendre à gérer. La rareté de l’atmosphère n’a pas de prix. C’est à partir de ce constat que nous devons engager dès à présent la transition écologique fondée sur de nouvelles valeurs articulées autour du « capital vert. » Il nous livre son analyse, bien souvent à contre courant des idées reçues, dans son dernier livre « Le capital, une nouvelle perspective de croissance ».

 

Christian de Perthuis est professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, fondateur de la chaire d’économie du climat et président du Comité pour la fiscalité écologique. Avec Pierre-André Jouvet,  directeur scientifique de la chaire d’économie du climat, il s’est intéressé à la question de la transition énergétique et, plus largement, à celle de la transition écologique.

 

Elle consiste à passer d’une économie où l’on valorisera non plus deux mais trois facteurs : le travail et le capital mais aussi désormais le « capital naturel » ou « capital vert ». « Ce capital vert représente la capacité qu’a la nature à reproduire un certain nombre de stabilités comme le système climatique ou la diversité du vivant », précise Christian de Perthuis. Plus encore que la crainte portant sur les ruptures d’approvisionnement ou sur la hausse du prix des matières fossiles, pour l’économiste du climat, c’est bien le trop plein et non le manque de carbone qu’il faudra gérer.

 

Rentabiliser les ressources décarbonées

 

Cela conduit à réfléchir sur le contenu des transitions à engager rapidement car notre planète ne peut absorber davantage de quantités de CO2. Il nous faut donc raisonner à partir de la contrainte climatique et intégrer la valeur nouvelle que l’on accorde à la préservation du climat. Un changement profond de paradigme doit s’opérer. Dès lors que l’on intègre les contraintes écologiques et climatiques, on trouvera de nouveaux leviers de croissance et de compétitivité. Cela passe notamment, pour Christian de Perthuis, par la mise avant des réductions des gaz à effet de serre,  une tarification correcte du CO2 et, plus généralement, une tarification des ressources environnementales permettant de rentabiliser les ressources bas carbone ou décarbonées.

 

Cela passe aussi d’un point de vue fiscal par un État qui saura donner « les bonnes incitations réglementaires, économiques et fiscales ». Il faut dès à présent accepter de conduire une nouvelle économie avec de nouvelles valeurs fondées sur le capital vert. Car « si nous n’intégrons pas rapidement ce capital naturel dans le fonctionnement de notre économie, alors nous détruirons une partie du capital qui nous permet de produire », prédit Christian de Perthuis.

 

« Le capital, une nouvelle perspective de croissance » – Editions Odile Jacob, 288 pages.

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