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Quels types de voitures neuves pourrons-nous acheter en 2035 et après ?

Le sort des voitures thermiques neuves se jouera vraisemblablement dans les semaines qui viennent. En effet, à compter du 5 septembre 2022, s’ouvrent les ultimes négociations européennes entre le Parlement, le Conseil et la Commission sur le règlement relatif aux émissions de CO2 des véhicules légers. Irons-nous vers le tout électrique, ou vers une combinaison avec l’hybride rechargeable utilisant des carburants bas carbone ?

Dans le but de réduire drastiquement l’impact de l’automobile sur le climat, un nouveau règlement sur les émissions de CO2 des véhicules légers est en cours de préparation au niveau européen. Rappelons que le projet initial de la Commission européenne de juillet 2021et le texte adopté par le Parlement européen en juin 2022 prévoient que tous les véhicules neufs vendus à l’horizon 2035 devront émettre zéro CO2 à la sortie du pot d’échappement. Cette mesure favorise le seul véhicule électrique et exclut de fait les véhicules thermiques et hybrides neufs.

Pour sa part, le Conseil européen propose, dans son texte adopté fin juin 2022, deux solutions alternatives : continuer à utiliser des carburants pourvu qu’ils soient totalement neutres en carbone et s’autoriser à continuer à vendre des véhicules hybrides rechargeables, si la progression des véhicules électriques était insuffisante en 2026. La filière française du bioéthanol et l’association ePURE (association européenne des producteurs d’éthanol) soutiennent le projet du Conseil européen. Elles appellent à ce que l’usage du bioéthanol, de plus en plus consommé par les automobilistes français, soit autorisé dans les véhicules neufs vendus au-delà de 2035, au titre des deux alternatives identifiées par le Conseil.

Cinq arguments pour convaincre

  1. Le bilan carbone d’une voiture compacte hybride rechargeable qui roule au Superéthanol-E85 est aujourd’hui au moins aussi bon que celui d’une voiture électrique utilisant de l’électricité française, particulièrement décarbonée, dès lors que l’on analyse leurs émissions tout au long de leur cycle de vie et pas seulement à la sortie du pot d’échappement, selon une étude récente de l’IFPEN.
  2. L’association de l’hybride rechargeable et du Superéthanol-E85 est une solution pratique, moins coûteuse et plus sobre car demandant moins de ressources minérales et d’énergie pour la fabrication des batteries.
  3. Le bioéthanol européen réduit déjà de 77 % en moyenne les émissions GES par rapport à l’essence fossile (source ePURE 2021). Le bioéthanol s’améliore chaque année pour tendre vers la neutralité carbone et pourra, à terme, contribuer à la production d’un carburant Superéthanol-E85 neutre en carbone.
  4. Le Superéthanol-E85 pourrait passer de 75 % de bioéthanol renouvelable en moyenne aujourd’hui à 100% de carburant renouvelable, en remplaçant la part de 25% d’essence fossile par d’autres composants renouvelables d’ici 2040.
  5. Le Superéthanol-E85 pourrait faire rouler 5 millions de voitures hybrides rechargeables économes en carburant en 2040 en France, soit 15 à 20 % du parc roulant, contribuant à la décarbonation du parc automobile.

En conclusion, les véhicules hybrides rechargeables roulant au Superéthanol-E85 offrent une solution efficace pour réduire l’impact des véhicules sur le climat et devraient avoir toute leur place dans le paysage automobile de la prochaine décennie et d’après 2035.