Comment mesure-t-on la réduction de CO2 de l’E85 ?
L’analyse des émissions de CO2 d’un carburant doit se faire en analyse de cycle de vie (ACV), c’est-à-dire en prenant en compte toutes les émissions depuis la production des matières premières jusqu’à la combustion dans le moteur. On parle de bilan carbone « du puits à la roue » (Well-to-Wheel).
Avec cette méthode, l’E85 émet environ 50 % de CO2 en moins que l’essence fossile, grâce au CO2 absorbé par les betteraves et céréales pendant leur croissance.
Le CO2 émis à l’échappement est-il identique à celui de l’essence ?
Non. La combustion de l’éthanol produit certes du CO2, mais ce CO2 est considéré comme « biogénique » : il a été préalablement capturé par les plantes dans l’atmosphère pendant leur croissance. C’est ce principe de cycle court du carbone qui différencie le bioéthanol du pétrole fossile.
50 % de réduction des émissions CO2 sur le cycle de vie de l’E85 vs essence fossile (source : Carbure 2025).
L’E85 réduit-il les émissions à l’échappement par rapport à l’essence ?
Oui, légèrement. À l’échappement, l’E85 émet :
- Moins de CO (monoxyde de carbone) : réduction de 10 à 20 %.
- Moins de particules : réduction jusqu’à 90 % (étude Czerwinski).
La production d’E85 consomme-t-elle beaucoup d’énergie ?
La production de bioéthanol à partir de betteraves et de céréales françaises est aujourd’hui bien optimisée. L’énergie nécessaire à la production d’un litre d’E85 représente environ 30 à 40 % de l’énergie contenue dans ce litre. Le bilan énergétique est donc positif, avec un facteur de retour énergétique (ERoEI) de 2 à 3.
En résumé : l’E85 est-il vraiment bon pour le climat ?
Oui, significativement. Une réduction de 50 % des émissions CO2 sur le cycle de vie fait de l’E85 l’un des carburants les moins carbonés disponibles en France pour les véhicules à moteur thermique.
