Afficher le menu Masquer le menu

A la une

 

Au-delà des particuliers, l’envolée du prix des carburants conventionnels inquiète également les entreprises qui orientent leurs flottes de véhicules vers des alternatives énergétiques plus économiques. Grâce aux boîtiers E85 et aux voitures à carburant modulable, le bioéthanol offre une solution plébiscitée par les professionnels qui l’ont adoptée. Retours d’expérience.

 

C’est désormais un fait acquis : si le diesel reste encore majoritaire au sein des flottes d’entreprises, la tendance s’inverse inexorablement au profit du moteur essence ou hybride essence/électricité, tant en raison de l’urgence environnementale que du rééquilibrage du prix à la pompe entre essence et gazole. Avec un prix au litre inférieur de 4 à 5 centimes d’euros par rapport au SP95 et proche de celui du gazole (voire inférieur entre novembre 2018 et mars 2019), le SP95-E10 est une première solution pour les entreprises qui engagent la conversion de leur flotte. Pour celles qui souhaitent aller plus loin, le Superéthanol-E85 représente un levier d’une efficacité actuellement sans égale pour réaliser des économies sur ce poste.

 

Convaincue de longue date, l’entreprise de transport sanitaire et de taxis Raoux, à Bagnols-sur-Cèze (Gard), s’est engagée sur cette voie dès le début des années 2010. Passionné de sport automobile et de mécanique, son dirigeant Jean-Michel Barzan s’est intéressé aux boîtiers E85 bien avant leur homologation en France : « échaudé par les problèmes de fiabilité que nous avons rencontré avec les systèmes de dépollution diesel, j’ai  commencé à renouveler notre parc en 2012 avec des voitures hybrides essence/électricité sur lesquels j’ai fait poser un boîtier de conversion E85. Cette solution m’a pleinement donné satisfaction et a orienté la stratégie de développement de notre flotte. »

 

Des ambulances roulent au Superéthanol-E85

 

Aujourd’hui, l’entreprise compte 40 véhicules haut de gamme (Lexus), soit la moitié de la flotte de taxis et ambulances, qui roulent indifféremment au Superéthanol-E85 et à l’essence standard, ainsi qu’à l’électricité dans les conditions qui le permettent. Bilan de l’opération : « à raison de 150 000 litres d’E85 par an pour 2,5 millions de kilomètres parcourus par ces véhicules, notre entreprise a réalisé, par apport au diesel, une économie de plusieurs centaines d’euros par mois et par véhicule, entretien compris, et cela depuis six ans !, » calcule l’entrepreneur. À cet avantage s’ajoutent la possibilité de récupérer 80 % de la TVA sur le Supertéthanol-E85, l’exonération de la taxe sur les véhicules d’entreprise (TVS)1 et l’exonération de vignette consentie par les pouvoirs publics dans la plupart des régions de France.

 

Outre la pose d’un boîtier E85 sur les voitures essence, les entreprises ont également la possibilité d’opter pour un véhicule Flexfuel d’origine. C’est par exemple le choix qu’a fait l’auto-école Green Street, basée à Meudon (Hauts-de-Seine). Grégory Méraud, son fondateur, a inscrit la conscience citoyenne au cœur des valeurs qu’il transmet aux futurs conducteurs. « Notre enseignement est conçu pour apprendre à respecter les autres conducteurs, à partager la rue et à protéger son environnement, explique-t-il. Quand on est, comme moi, sensibilisé à l’avenir de la planète, à la qualité de l’air, et que l’on effectue chaque année 45 000 km en petits trajets, on doit trouver des solutions en rupture avec les anciens usages…, y compris en ce qui concerne les protocoles de leasing orientés vers le diesel ! J’ai donc fait le choix en 2017 d’équiper l’auto-école de véhicules E85 (Volkswagen Golf Multifuel), et je compte rester sur cette solution pour agrandir et renouveler le parc. » Si le constructeur allemand a arrêté la production de cette version, Ford a d’ores et déjà pris le relais avec le Kuga Flexifuel-E85, et d’autres constructeurs se préparent à lancer des modèles répondant à l’intérêt croissant manifesté par les entreprises comme par les particuliers.

 

Des motos-taxis au service de la mobilité vertueuse

 

Les gains de compétitivité délivrés par le bioéthanol et, en l’occurrence, par l’utilisation du Superéthanol-E85 n’ont pas échappé aux professionnels qui se déplacent en deux-roues. Pionnière de la mobilité en « moto-taxi », l’enseigne francilienne Motocab regroupe une centaine de chauffeurs indépendants qui pilotent de grosses cylindrées, à l’image des prestigieux Honda Goldwing. « 95 % d’entre eux roulent au E85, précise Cédric Shimodaïra, l’un des fondateurs de l’entreprise. Nous avons commencé à équiper les motos de boîtiers E85 il y a environ trois ans et nous avons désormais suffisamment de recul pour valider la pertinence de ce choix. Outre les avantages au niveau du prix à la pompe et de la TVA, nous n’avons eu ni problème technique ni intervention mécanique liés à l’utilisation de ce carburant. C’est pourquoi nous encourageons les chauffeurs qui nous rejoignent à effectuer la conversion… ce qu’ils font généralement dans le mois qui suit leur arrivée ! »

 

Un enthousiasme de plus en plus partagé par la profession, comme en témoigne de son côté Gérard Giorno, directeur de Motolead Prestige (Paris). « Nous sommes parfaitement conquis par cette solution que nous avons commencé à mettre en place en 2014, affirme-t-il. Sur 50 motos 1800cc (BMW et Honda), 45 roulent au Superéthanol-E85. Nous avons constaté que pour un coût d’environ 700 euros, la pose d’un boîtier de conversion est rentabilisée en 20 000 km, soit en quatre à six mois. De plus, l’impact de la surconsommation induite par le bioéthanol est largement compensé par la récupération de la TVA. Enfin, l’utilisation de ce carburant plus écologique est une composante à part entière de notre politique RSE2. Nous expliquons à nos clients que non seulement la moto est un mode de transport en milieu urbain plus vertueux que le taxi conventionnel, et qu’en plus l’utilisation du Superéthanol-E85 renforce cet avantage. » Un argument éthique auquel les entrepreneurs sont d’autant plus sensibles qu’il se double d’économies bien réelles et durables…

 

1. Les véhicules combinant électricité et Superéthanol-E85 dont les émissions sont inférieures à 100 g CO2/km bénéficient d’une exonération de TVS pour 12 trimestres à compter de la première mise en circulation.

2. Responsabilité sociale de l’entreprise

 

 

En savoir +

 

> Tout savoir sur l’aide à la conversion des boîtiers E85

 

> 6 (bonnes) raisons pour rouler au bioéthanol

 

 > Comment les entreprises basculent du diesel vers l’essence