Plan d’action EnR : la place du bioéthanol réaffirmée

Plan action energies renouvelable bio ethanol  

Le 16 août dernier, la France a remis à la Commission européenne son Plan d'action en matière d'Energies Renouvelables (EnR), feuille de route capitale qui pose les bases de l’économie verte de notre pays pour les dix prochaines années.


Ce Plan est la traduction directe de l’adoption du paquet « Energie-Climat » en décembre 2008 par les 27 Etats membres de l’Union européenne et de l’engagement sur le « 3 x 20 » : 20 % de réduction de gaz à effet de serre, 20% d'EnR d'ici à 2020, 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique, en moyenne pour l’UE.

Comme nous avons eu l’occasion de l’évoquer, la remise de ce « Plan national d’action en faveur des énergies renouvelables pour la période 2009-2020 » était initialement fixée au 30 juin 2010 pour tous les Etats membres. C’est finalement le 16 août que la France a pu transmettre ses éléments à la Commission européenne et préciser sur quels leviers elle comptait s’appuyer pour atteindre les objectifs fixés par la Directive européenne d’ici à 2020 : 23 % d’énergies renouvelables (EnR) dans sa consommation totale d’énergie et un seuil de 10 % minimum dans le seul secteur des transports.

Les biocarburants, un levier incontournable pour atteindre les objectifs

En effet, comme le précise le Plan, « dans le secteur des transports, les deux sources d’utilisation des énergies renouvelables seront, d’une part, l’utilisation accrue de biocarburants avec un objectif de consommation de 10% d’énergies renouvelables à l’horizon 2020, les biocarburants apportant la contribution la plus importante ; d’autre part, la mise en service de véhicules électriques, l’électricité utilisée provenant en partie de sources renouvelables selon l’évolution du bouquet électrique national ».
Au tout premier rang des leviers disponibles figurent donc les biocarburants, de première et de seconde génération. Ils représenteront une part prépondérante des 10 % d’EnR dans les transports, les autres sources d’énergies renouvelables n’étant pas suffisamment disponibles au regard des délais impartis par la Directive.

Développement du SP95-E10, de l’E85 et introduction du SP95-E15

Le plan d’action est désormais établi et la place des biocarburants confirmée par le gouvernement français : les biocarburants sont indispensables pour atteindre les objectifs fixés par la Directive européenne. En ce qui concerne le bioéthanol, les volumes à consommer annuellement dans les essences ont été définis. Ils aboutissent à un niveau d’incorporation de 10% en énergie à l’horizon 2020, soit en volume 15% d’éthanol dans les essences en moyenne.

La filière Bioéthanol accueille donc favorablement ce plan tout en indiquant que la réalisation de ces objectifs passe obligatoirement par l’augmentation de la teneur moyenne d’éthanol dans les essences, ce qui nécessitera :

 
  • Une consommation accrue du SP95-E10 pour la période 2010-2015, le carburant appelé à devenir la norme standard dans l’Union européenne.
  • Ensuite, entre 2015 et 2020, l’introduction du SP95-E15, un carburant contenant 15 % de bioéthanol.
  • Sur toute la période, le développement soutenu du Supéréthanol E85. A titre indicatif, la filière a estimé à 200 000 le nombre de voitures FlexFuel nécessaires pour atteindre les volumes d’éthanol dans les essences prévus par le plan en 2015.
 

On le voit, la réussite du Plan français reste conditionnée à la poursuite d’une politique volontariste.

 


Date : 10/09/2010