« Coup de chaud sur l’agriculture » : s'adapter au changement climatique

 

L’agriculture est au premier rang des activités humaines qui vont être impactées par le changement climatique. Un bouleversement des zones de production est à attendre si la croissance des gaz à effet de serre n’est pas contenue. Bernard Séguin est ingénieur agronome à l’INRA. Au travers de son dernier ouvrage, « Coup de chaud sur l’agriculture », il explore les projections actuelles sur l’évolution du climat et son influence directe sur l’agriculture.


Ingénieur agronome à l’INRA, Bernard Seguin est à ce titre responsable de la « Mission sur le changement climatique et l’effet de serre » et contribue également aux travaux du GIEC sur l’évolution du climat. Par sa double formation scientifique, aux confins de l’agronomie et de la physique de l’atmosphère, et son expérience de chercheur aux limites de la climatologie, Bernard Seguin « se situe résolument dans le cercle des convaincus de la réalité du renforcement de l’effet de serre naturel par l’action de l’homme ». Au cours des dernières années, sa conviction sur la réalité du changement climatique n’a fait que se renforcer. Dans l’agriculture, des effets sont déjà observables que ce soit l’avancée des dates de floraison des arbres fruitiers ou celle, dans les régions viticoles, de l’avancée des stades phénologiques * de la vigne qui se répercute directement sur les dates de vendange qui pourraient avoir lieu début août à la fin du siècle... On pourrait citer aussi l’avancement des dates des moissons dans le Jura, de la cueillette de la mirabelle en Lorraine ou encore celle de la clémentine en Corse.

Adapter l’agriculture aux changements climatiques

Bernard Seguin cite une récente étude conduite par l’ITB (Institut technique de la betterave) qui porte sur l’évolution à la hausse du rendement de la betterave liée certes au progrès technique mais aussi au réchauffement climatique qui accroît sa teneur en sucre. En revanche, sur le blé et sur le maïs, on observe des résultats inverses en termes de rendement sous les effets conjugués de températures plus élevées en période de constitution des grains et de sécheresse pendant les phases de croissance et de développement. Face à l’évolution du climat, l’adaptation est le mot clé actuel. « Dans l’agriculture, les stratégies envisagent soit de tirer parti du changement climatique soit d’en limiter les effets défavorables, » conclut Bernard Seguin. Et de rappeler, dans cette adaptation nécessaire de l’agriculture, « l’engouement compréhensible pour les biocarburants qui pourraient (..) à l’avenir présenter un bilan largement favorable en CO2 ».
* les événements périodiques déterminés par les variations saisonnières du climat



Date : 08/06/2010