Chef de projet d’investissement à CDC Climat (une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, créée en février 2010 pour lutter contre le changement climatique), Ariane de Dominicis vient de publier un livre permettant de faire le point sur certaines idées reçues circulant sur les biocarburants. La seule lecture du sommaire permet d’avoir un bon aperçu de la façon dont elle a souhaité traiter ce sujet qui fait encore souvent polémique. Elle a en effet identifié une dizaine d’idées reçues les plus fréquemment véhiculées sur les biocarburants et les a traitées une par une de façon très méthodique. Par exemple, « Les biocarburants sont la seule réponse crédible au pic pétrolier », « Rouler aux biocarburants permet de réduire l’effet de serre », « Les biocarburants contribuent à la faim dans le monde », « La deuxième génération résoudra tous les problèmes des biocarburants »… Pour Ariane de Dominicis, qui a travaillé sur le thème des biocarburants pendant plusieurs années à la Commission européenne avant de rejoindre CDC Climat, les biocarburants ne sont ni l’unique solution pour résoudre les problèmes de changement climatique pas plus qu’ils ne sont responsables à eux seuls des dérèglements que l’on constate actuellement (faim dans le monde, hausse des prix alimentaires, accaparement des terres dans les pays pauvres…). Idées choisiesAinsi, quand on dit que la culture de biocarburants au Brésil entraîne des coupes profondes dans la forêt amazonienne, il s’avère que c’est une idée fausse car la canne à sucre est produite principalement dans l’Etat de Sao Paulo. Par ailleurs, s’agissant de la hausse des prix alimentaires, que l’on imputerait volontiers aux biocarburants, il ressort qu’elle est liée en fait à la conjugaison de multiples facteurs structurels et de long terme (augmentation de la demande des pays émergents, faiblesse des rendements) mais aussi plus conjoncturels (stocks bas, spéculation, années de sécheresse) dans lesquels les biocarburants n’ont qu’un impact très mineur. Ariane de Dominicis pense que l’on aura besoin des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les transports mais qu’il importera de savoir dans quelles conditions ils auront été produits, sur quel de type de terre… L’avenir de la chimie verte passera très certainement par la voie des biocarburants les plus performants possibles, ceux des 2e et 3e générations sur lesquels travaille déjà très activement toute la filière Bioéthanol en France.
« Les biocarburants ». Le Cavalier Bleu Editions. Collection Idées reçues - 128 pages. Prix : 9,80 €
Date : 22/07/2011
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