Le bioéthanol est un alcool produit à partir de biomasse c’est-à-dire de matière vivante constituant une source d'énergie renouvelable. En France et en Europe, on le produit à partir de la betterave, du blé et du maïs. Après la phase de récolte et d’extraction, les végétaux sont traités en usine afin d’en extraire le sucre. Par un procédé de fermentation industrielle, le sucre contenu dans ces végétaux est transformé en alcool.
Cet alcool - l’éthanol - est concentré puis déshydraté afin d’obtenir du bioéthanol. Pour obtenir un alcool déshydraté - c’est-à-dire avec le moins de traces d’eau possible - et répondre au cahier des charges européen sur la qualité de l’alcool présent dans les carburants, on ajoutait jusqu’à présent un agent de séparation, un composant chimique (1) qui nécessitait de procéder à une nouvelle opération pour l’éliminer. Désormais, une nouvelle voie s’impose dans les unités industrielles, celles des tamis moléculaires. Les tamis moléculaires (2) sont développés à partir de minéraux (oxydes d’aluminium et de silice) découverts au milieu du 18e siècle. On a pu observer que, pendant un chauffage rapide, ces minéraux semblaient fondre et bouillir en même temps tout en dégageant de la vapeur d'eau. Les premières applications industrielles de ce phénomène sont apparues dans les années 1950. On les retrouve aujourd’hui dans les systèmes d’adoucissement de l’eau ou dans la terre pour bonzaïs notamment. Ces minéraux ont la particularité d’être extrêmement poreux car constitués de micro-canaux. Sur ces porosités, certaines molécules - dont l’eau dans le processus de déshydratation - viennent se fixer de façon réversible. Cette technologie permet de déshydrater l’alcool sans ajouter de composant et par conséquent de raccourcir et de simplifier le processus d’élimination de l’eau. « De ces tamis, reconnus pour leur efficacité énergétique, leur fiabilité et leur opérabilité, ressort un alcool déchargé d’eau à 99,9 %, » explique Laurent Pou, directeur technique de BENP Lillebonne, dans la Seine Maritime. Le recours à ce procédé s’inscrit plus généralement dans le souci de la filière bioéthanol de produire un biocarburant en consommant le moins d’énergie possible et en réduisant à chaque étape l’impact de sa fabrication sur l’environnement.
(1) un solvant de type cyclohexane (2) ou zéolithes synthétiques En savoir + sur le schéma de déshydratation
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Date : 16/03/2010
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