«La première qualité de l’éthanol est sa contribution à la réduction des gaz à effet de serre, motos et voitures confondues, liée et proportionnelle au taux d’incorporation dans les carburants », rappelle d’entrée Nicolas Jeuland, responsable, au sein d'IFP Energies Nouvelles (institut spécialisé dans les énergies conventionnelles et alternatives), du département Carburants, Lubrifiants et Emissions polluantes. Une surconsommation insignifiante L’éthanol contient de l’oxygène qui ne participe pas à la combustion, ce qui a une incidence sur son pouvoir énergétique et donc sur la consommation de carburant. Mais cette surconsommation dans le cas de l'utilisation du SP95-E10 est très faible par rapport au SP95 standard. En effet, indique Nicolas Jeuland, « le contenu énergétique de l’éthanol étant de 30 % inférieur à celui de l’essence, avec l’application d'une règle de trois, celui du SP95-E10 devient inférieur d’environ 3 % et comme les essences vendues en France contiennent déjà 5 % d’éthanol, la surconsommation est ramenée de fait à moins de 1,5 %, une valeur difficilement mesurable pour la plupart des utilisateurs». Compatibilité matériaux Concernant la présence d’oxygène, elle pourrait engendrer des problèmes de compatibilité avec certains matériaux ou composants (polymères des joints et durits par exemple). Cette compatibilité résulte de phénomènes complexes et n'est cependant pas proportionnelle à la teneur en éthanol. En outre, les constructeurs intègrent progressivement cette nouvelle donne et adaptent les machines en conséquence. La plupart des véhicules récents sont totalement compatibles. Toutefois, seul le constructeur est apte à dire si son véhicule est compatible ou non au SP95-E10 en fonction des matériaux utilisés. Peu de ratés moteur Les difficultés de démarrage à froid ou les ratés peuvent s’expliquer en partie par le fait que la vaporisation et la combustion de l’éthanol sont effectivement différentes de celle de l’essence. « Des écarts sur la courbe de distillation du produit peuvent entraîner des difficultés de vaporisation à froid et donc des ratés sur certains véhicules, notamment à carburateur. Mais ces inconvénients n’ont rien de systématique et ne devraient pas intervenir sur des machines plus récentes dont le moteur et la combustion sont bien réglés », précise Nicolas Jeuland. Moins de cliquetis L’éthanol possède des caractéristiques très intéressantes. Son indice d’octane élevé (120) et sa chaleur lente de vaporisation également très élevée peuvent contribuer à réduire le phénomène de cliquetis. Les constructeurs de motos adoptent des positions très variables sur la compatibilité SP95-E10/motos, de l’acceptation totale à la grande réserve, mais dans ce dernier cas, cette position repose davantage sur une question d’image et de garantie que sur des raisons techniques avérées. Le renouvellement progressif du parc motos devrait finir de lever les réticences sur la question.
Date : 31/08/2010
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