En 2010, les ventes de bioéthanol en Suisse ont augmenté de 50 % par rapport à 2009 pour s’établir à 3,2 millions de litres. Ces chiffres, encore relativement modestes, ne doivent cependant pas faire perdre de vue le potentiel considérable du bioéthanol comme carburant durable. En effet, ses ventes annuelles pourraient atteindre d’ici à 2020 jusqu'à 200 millions de litres. Distribués dans 200 stations-service à travers le pays, le bioéthanol a fait son apparition en Suisse en 2004 sous forme de E5 (essEnce5 contenant jusque 5% de bioéthanol) puis de E85 dès 2006. Ce faisant, la Suisse s’inscrit dans la droite ligne de sa loi sur le CO2 et de son engagement, dans le cadre du protocole de Kyoto, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% d’ici à 2012. Depuis 1998, les biocarburants ont été produits dans le cadre d’un projet-pilote (baptisé etha +), conduit au nom de l’Etat par Alcosuisse. Ils étaient issus à l’origine de dérivés cellulosiques et de déchets de bois indigènes. A partir de 2008, Alcosuisse a proposé aux distributeurs un nouvel éthanol européen venu de Norvège, de Suède et de Finlande pour satisfaire la demande intérieure. Le privé prend le relais de l’Etat après la phase pionnière« Après avoir été l’un des pionniers sur les biocarburants, Alcosuisse a transféré, le 1er octobre 2010, son projet industriel et son savoir-faire à des partenaires de l’économie privée, en l’occurrence les entreprises North Sea Group Switzerland GmbH (NSG) et Landor fenaco », précise Pierre Schaller, Directeur d’Alcosuisse. Le marché helvétique bénéficie en outre d‘un encouragement fiscal (éthanol détaxé) et du soutien des principaux importateurs automobiles que sont Saab, Volvo, Ford et Renault qui mettent sur le marché helvétique une large gamme de véhicules « flexi » dont les ventes ont doublé l’an dernier. « Alors que le process industriel des biocarburants est garanti quant à sa durabilité et aux certifications environnementales notamment, il reste encore malgré tout aux acteurs de la filière à convaincre les membres de l’Union pétrolière et les gérants des stations-essence pour pouvoir passer la vitesse supérieure dans notre pays », conclut Pierre Schaller.
Date : 15/04/2011
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