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Afin de concilier performance économique et respect de l'environnement, la culture betteravière est engagée depuis plusieurs décennies dans une démarche de progrès technique et agronomique. Notamment en France où elle bénéficie d’avancées considérables et mesurables, tant en termes de rendements que de réduction des apports de produits de fertilisation et de protection des plantes. Depuis son introduction en France, au début du XIXe siècle sur décision de Napoléon 1er, la culture de la betterave sucrière a toujours été associée à des enjeux de premier plan. Sa vocation initiale était d’assurer l’indépendance sucrière de l’Europe à l’heure où le Blocus continental imposait de trouver des substituts aux produits de première nécessité importés, dont le sucre de canne. Aujourd’hui, elle assure à la France la place de premier producteur mondial de sucre de betterave (4,1 millions de tonnes en 2008-2009) et elle contribue pour une bonne part à sa position de premier producteur européen d’alcool (voir ci-dessous).
Au cours des dernières décennies, les rendements en sucre ont enregistré record sur record, affichant une moyenne nationale de près de 14 tonnes par hectare en 2009, avec des pointes de 18 ou 19 t/ha sur certaines parcelles. Au plan de l’affectation des sols, cette augmentation de productivité a permis de réduire de manière significative les surfaces dédiées à la betterave sucrière qui sont passées de 550 000 ha en 1978 à 371 000 ha en 2008 (- 32 %), libérant ainsi des surfaces agricoles pour d’autres cultures. De meilleurs rendements avec moins d’intrants Parallèlement, la mise en œuvre sur le terrain des avancées techniques, scientifiques et agronomiques a conduit à une nette réduction des apports d’engrais azotés (- 30 % depuis 1978)* ainsi qu’à une stabilisation, voire, dans certains cas, une réduction, des utilisations de produits de protection des plantes (PPP). Alors qu’il fallait, en moyenne, plus d’un kilo de substance active de PPP pour produire une tonne de sucre, il suffit seulement aujourd’hui d’environ 300 g*.
Si les progrès ont naturellement été orientés vers l’amélioration des rendements, les avancées les plus spectaculaires ont été obtenues avec le développement de variétés résistantes aux parasites et maladies (rhizomanie, nématodes…). La mise en culture de ces variétés associée à la modernisation des techniques agricoles (télédétection GPS, conduite des parcelles assistée par ordinateur, généralisation de l’agriculture raisonnée…) contribue directement à la baisse des utilisations de produits phytosanitaires. Confirmant cette tendance, les analyses effectuées dans le cadre du Plan de surveillance des végétaux mis en place par les pouvoirs publics depuis 1993 montrent la quasi-absence de résidus de substances actives sur l’ensemble de la production betteravière nationale. L’eau et la terreEn raison de leur situation géographique, la plupart des zones de culture (situées au nord de la Loire) bénéficient de conditions climatiques limitant l’irrigation. En outre, les besoins en azote de la betterave sont modérés par rapport aux autres grandes cultures. Afin de réduire au maximum la pression exercée sur la qualité de l’eau et des sols, les agriculteurs limitent la fertilisation minérale en agissant sur différents leviers : enfouissement des pailles issues de la récolte précédente (restitution au sols des éléments nutritifs), épandage des effluents recueillis lors de la production de sucre et d’alcool (recyclage des "écumes" de sucreries et "vinasses" de distilleries), mise en place de cultures intermédiaires. Cette pratique, relativement récente, consiste à couvrir le sol avec des cultures associant deux espèces (légumineuse, moutarde, radis…) à la fin de l’été, en attendant les semis de betteraves qui ont lieu en mars de l’année suivante. Cette couverture permet de fixer efficacement les nitrates et d’éviter leur ruissellement, d’où leur appellation de "Couverts intermédiaires pièges à nitrates" (Cipan). De plus, en offrant une protection efficace contre les agents climatiques, elle permet de lutter contre l’érosion, d’améliorer le drainage et la cohésion du terrain, de diminuer les mouvements de terre... Autant d’avancées qui, associées les unes aux autres, font de la betterave sucrière une grande culture à la fois performante et raisonnée. * Source : ITB |