Étude Ademe : un bilan environnemental et énergétique très positif

Le bénéfice environnemenal et énergétique du Bioethanol confirmé

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) a rendu public, le 8 avril 2010, les conclusions d’une nouvelle étude consacrée aux cycles de vie des biocarburants de première génération. Cette étude met en évidence le bon bilan environnemental et énergétique du bioéthanol, carburant renouvelable et premier substitut à l’essence dans le monde des transports.

Une évaluation « du champ à la roue ». Figurant parmi les recommandations du Grenelle de l’Environnement, et commanditée par les Pouvoirs publics, l’évaluation exhaustive et contradictoire de l’impact des biocarburants utilisés en France a été conduite sous l’égide de l’Ademe, des ministères concernés (1) et de FranceAgrimer (2). La méthodologie appliquée à cette nouvelle étude fait aujourd’hui l’objet d’un consensus approuvé par les différentes parties prenantes : associations environnementales, acteurs du monde agricole, industries des secteurs pétrolier et automobile.

Intitulé Analyses de cycles de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France, le rapport propose ainsi un bilan actualisé et complet (3) – couramment désigné sous l’expression « du champ à la roue » – qui prend en compte la totalité du cycle, depuis les étapes agricoles (production des semences, fertilisation, traitements phytosanitaires, modes de culture, récolte, transport de matière première) jusqu’à la combustion du biocarburant dans le moteur, en passant par les phases de production industrielle et de distribution.

Jusqu’à 66 % de réduction des émissions de CO2. Si, pour l’ensemble des filières étudiées, le rapport conclut que « les biocarburants affichent des bilans positifs par rapport aux carburants fossiles », le bioéthanol se distingue par les très bonnes performances qu’il enregistre, tant aux plans énergétique qu’environnemental. En effet, selon son origine végétale (betterave, blé ou maïs), le bioéthanol permet de réduire les émissions de gaz à effets de serres (GES) de 49 % jusqu’à 66 % (pour l’éthanol issu de la betterave) par rapport à l’essence.

Autre indice satisfaisant, l’analyse du bilan énergétique montre que pour une unité d’énergie fossile consommée dans leur process de production, les filières bioéthanol produisent près de deux unités d’énergie renouvelable, soit un bilan deux fois meilleur que celui de l’essence. L’utilisation du bioéthanol contribue ainsi à réduire la consommation globale d’énergies fossiles en France.

À la lumière de ces bons résultats, la filière bioéthanol satisfait pleinement aux critères de durabilité de l’Union européenne qui assignent notamment aux biocarburants de réduire d’au moins 35 % les émissions de GES par rapport aux produits pétroliers pour être considérés comme durables (5). En outre, les performances de la filière bioéthanol française, leader en Europe, offrent la garantie que celle-ci respectera le seuil de 50 % de réduction des GES fixé pour le 1er janvier 2017, et cela quelle que soit la matière première utilisée. Ainsi, les résultats de cette étude confirment le bien-fondé des objectifs volontaristes de l’État français, notamment en termes d’incorporation de bioéthanol dans les carburants. Démontrant clairement la contribution des biocarburants dans la réduction des GES, cette étude vient donc conforter le développement de la capacité de production réalisé par la filière bioéthanol.

1. Ministère de l’Écologie de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.
2. Établissement public en charge de la gestion des filières de l’agriculture et de la mer.
3. Hors critères liés aux changements d’affectation des sols qui feront l’objet de travaux spécifiques.
4. Référentiel d’émission de GES pour les véhicules essence mis en service après 2005
5. Directive européenne 2009/28/CE du 23 avril 2009.




 
 


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Une méthodologie fiable et contrôlée

L’étude Analyses de cycles de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France a été réalisée par le cabinet Bio Intelligence Service en conformité avec les normes ISO 14040 et ISO 14044 relatives aux analyse de cycle de vie (ACV). Elle s’est déroulée en trois phases : collecte des informations, inventaire et calcul des émissions de GES générées par les biocarburants « du champ à la roue », traduction des émissions en impacts environnementaux. Les données utilisées sont soit de nature publique, soit confidentielles (pour des raisons de sécurité industrielle). Celles-ci ont cependant été fournies par les professionnels du secteur à l’Ademe ainsi qu’à ses partenaires qui se sont engagés à en préserver la confidentialité. Les méthodes et les résultats ont ensuite été soumis à une revue critique réalisée par un second cabinet d’études indépendant, EcoIntesys, basé à Lausanne.

Eclairage

Affectation des sols, quel impact ?

Le manque de référentiels méthodologiques permettant d’évaluer l’impact du changement d’affectation des sols (CAS) sur le bilan environnemental des biocarburants a conduit l’Ademe à exclure cette question du périmètre de l’étude. Un comité d’expert va être mis en place dans les semaines qui viennent pour étudier plus précisément cette question, et la Commission européenne s’est également saisie du dossier : une communication sur les résultats de l’étude en cours est attendue fin 2010, au plus tard.

Plusieurs hypothèses sont néanmoins déjà formulées dans l’étude Ademe en fonction de différents scénarii. Le scénario retenu pour la zone Europe met en lumière une absence d’impact dû aux changements directs d’affectation des sols pour le bioéthanol, car les terres cultivées pour produire ce biocarburant sont dédiées à l’agriculture depuis longtemps et ne sont pas issues d’une transformation récente de forêts, de prairies riches en carbone ou de tourbières. Quant aux changements indirects, non évalués dans l’étude, les professionnels rappellent que le bioéthanol n’est pas concerné par cette question. En effet, les politiques restrictives sur les exportations dans le cadre de l’OCM Sucre ont conduit à libérer 800 000 hectares autrefois destinés à la production de betteraves sucrières. Cette surface dégagée est suffisante pour produire l’intégralité des matières premières nécessaires à la production de bioéthanol dans l’Union européenne.



En savoir +

> Synthèse de l’étude Analyses de cycles de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France
http://www2.ademe.fr

> Texte de la Directive européenne relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables
http://eur-lex.europa.eu

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