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Si la première génération de bioéthanol obtenue à partir de végétaux tels que la betterave, le blé ou la canne à sucre représente un atout majeur pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre dans les transports, de nouvelles matières premières végétales, souvent inattendues et actuellement à l’étude, offrent d’intéressantes perspectives pour compléter le bouquet énergétique du futur... |
Le miscanthus, une voie à explorer. Plante prometteuse mais encore peu connue et non cultivée à grande échelle, le miscanthus est une graminée pérenne dont la plupart des espèces proviennent d'Asie. Actuellement étudié à l’Inra d’Estrée-Mons (Somme), le miscanthus est très productif, riche en lignocelluloses et peu exigeant en intrants. L’objectif agronomique est, à terme, de l’adapter aux sols et aux conditions climatiques de France métropolitaine. Les agronomes savent déjà comment atteindre une production annuelle de 15 à 20 tonnes de matière sèche par hectare, et cela sur une durée de vingt ans sans avoir à replanter. Les cultures non alimentaires, un axe prioritaire. Le principe consiste à cultiver des plantes non comestibles sur des surfaces impropres à la culture de végétaux alimentaires, cette biomasse constituant la matière première destinée à la production de bioéthanol dit de « deuxième génération ». L’Inra s’est déjà lancé, pour cette application, dans le décryptage du génome du peuplier, essence à la vitalité hors normes. D'autres plantes font également l'objet d'attentions comme le jatropha, un arbuste adapté aux zones arides d’Afrique, d’Inde, d’Amérique Latine, ou encore l'arundo, une graminée proche du roseau et du bambou également appelée « canne de Provence ». L'Europe pourrait produire annuellement 115 millions de tonnes de biocarburant à partir de cette biomasse, voire plus grâce aux progrès agronomiques favorisant la productivité. Les micro-algues, un potentiel exceptionnel. Riches en lipides et en molécules originales, les micro-algues pourraient déboucher sur le développement de nouveaux carburants du type biodiesel. Non alimentaires, caractérisées par une grande diversité de variétés et d’une exceptionnelle adaptabilité, les micro-algues sont faciles à cultiver et à transformer. Elles peuvent assurer six récoltes par an et captent jusqu'à sept fois plus de CO2 que les arbres. Selon l’Ifremer, leurs principaux atouts sont un rendement environ 10 fois supérieur en biomasse ainsi qu’une absence de conflit avec l’eau douce et les terres agricoles. Des programmes de recherche ont été lancés par une dizaine de sociétés aux États-Unis, en Australie, au Mexique, en France, en Chine, en Corée et en Israël. Leur mise en production pourrait intervenir entre 2012 et 2020. Celle-ci pourrait représenter 20 000 à 60 000 litres d’huile par hectare et par an, contre 6 000 l/ha pour l’huile de palme. |