Avenir et énergie : les 7 atouts du bioéthanol

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Première puissance agricole et premier producteur d’alcool d’origine agricole au sein de l’Union européenne, la France est résolument engagée dans le développement des biocarburants avec, notamment, des taux d’incorporation supérieurs aux directives communautaires. Le bioéthanol, biocarburant pour les moteurs essence, bénéficie d’atouts décisifs pour aider le pays à réduire ses émissions de gaz à effets de serre. Une énergie renouvelable et immédiatement disponible.

1. Un carburant renouvelable qui protège l’environnement

Donnant suite aux recommandations du Grenelle de l’Environnement, l’ADEME(1) a réalisé, en 2009, une nouvelle analyse de l’impact environnemental des biocarburants dont les résultats ont été diffusés en avril 2010. Cette étude démontre que l’éthanol permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 49 % jusqu’à 66 %, selon la matière première utilisée (betterave, blé, maïs, canne à sucre), par rapport à l’essence. En outre, le bioéthanol produit en France répond aux critères de durabilités fixés par la Directive européenne sur les énergies renouvelables et contrôlés par un organisme de certification indépendant.
Par ailleurs, l’analyse du bilan énergétique montre que, pour une unité d’énergie fossile consommée dans le process de production, le bioéthanol délivre deux unités d’énergie renouvelable, soit un bilan énergétique deux fois supérieur à celui de l’essence.

L’utilisation du bioéthanol dans les transports représente ainsi un atout décisif dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour le respect des équilibres environnementaux de la planète.

2. Un carburant qui bénéficie à l’économie et au consommateur

Le développement de la filière bioéthanol contribue à l’émergence d’une véritable « économie verte », synonyme d’investissements et d’emplois. Premier producteur européen avec 30,7 % des volumes, la France produit 15,5 millions d’hectolitres d’alcool, dont 10,3 Mhl de bioéthanol (campagne 2008-2009). La pays compte 5 sociétés disposant de 11 distilleries, dont 6 unités de nouvelle génération ayant fait l’objet d’importants investissements au cours des dernières années.
Fortement créatrice d’emplois dans les secteurs agricole et agro-industriel, la filière bioéthanol favorise les emplois ruraux sur des territoires où le tissu industriel est en général faible. Elle représente actuellement, en France, 5 000 emplois directs. Une étude(2) démontre également que la production de bioéthanol est plus génératrice d'emplois que celle des carburants fossiles : 1 000 tonnes d'éthanol représentent entre 3 et 6 emplois, contre 0,01 emploi pour 1 000 tonnes d'essence.
Avec prix moyen de 0,85 €/l à la pompe, l’utilisation de superéthanol E85 permet aux possesseurs de véhicules flexfuel de réaliser une économie de l’ordre de 20 cts au litre par rapport au SP95 (moyenne sur 2009), contribuant ainsi à libérer du pouvoir d’achat pour les consommateurs.

3. Un carburant qui contribue à l’indépendance énergétique

La diminution nécessaire et progressive de la consommation d’énergies fossiles, dont la raréfaction est inéluctable, implique de mobiliser un ensemble de solutions alternatives. Aux côté d’autres énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien ou la géothermie, le bioéthanol apporte une contribution active à ce nouveau « bouquet énergétique » qui réduit la dépendance de la France au pétrole. De plus, grâce à sa position de 1ère puissance agricole de l’Union européenne, la France a la possibilité de mobiliser d’importantes ressources agricoles afin de satisfaire une part croissante de ses besoins en énergie. Cette capacité permet de réduire la vulnérabilité économique du pays face à la fluctuation du prix des énergies fossiles tout en sécurisant ses approvisionnements.

4. Une ressource agricole non concurrente des cultures alimentaires

Contrairement aux idées reçues, la production de bioéthanol en Europe ne s’effectue pas au détriment des ressources alimentaires issues de l’agriculture. Les surfaces agricoles dédiées à la production du bioéthanol nécessaire pour atteindre l’objectif national d’incorporation (voir ci-dessous) représentent, en 2010, 3 % des surfaces de betteraves et céréales.
Par ailleurs, les cultures nécessaires à la production de ce biocarburant n’entraînent aucune transformation d’espaces naturels protégés (forêts, prairies, tourbière) et restent circonscrites à des surfaces dédiées depuis toujours à l’agriculture. En outre, l’équivalent de la surface des terres agricoles consacrées à la production de de bioéthanol en France correspond aux surfaces rendues disponibles par la réduction de la production sucrière imposée, depuis 2007, au sein de l’Union européenne. En France, 800 000 ha autrefois destinés à la production de betteraves sucrières ont ainsi été libérés : cette surface est, à elle seule, suffisante pour cultiver l’intégralité des matières premières nécessaires à la production de bioéthanol dans l’UE.

5. Des cultures respectueuses de l’environnement

La culture des matières premières destinées à la fabrication de biocarburants s’inscrit dans le respect des bonnes pratiques agricoles et environnementales, et en conformité avec la réglementation européenne en matière d’environnement, de santé publique et de santé des végétaux.
Les progrès constants réalisés par l’agriculture depuis les années 1970 ont permis de réduire notablement l’empreinte écologique du secteur. Il a, entre autres, diminué de 11 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2005, alors que celles du secteur des transports ont augmenté de 22 % sur cette même période(3). Par ailleurs, l'apport d'intrants agricoles a également été fortement réduit. A titre d'exemple, pour le cas de la production de la betterave, les apports d'engrais azotés à l'hectare ont diminué de 50 % ces trente dernières années, et les produits de protection des plantes de 70 % pendant cette même période.

6. Une étape vers les carburants de 2e génération

C’est grâce au bioéthanol de première génération, produit en France à partir de betterave sucrière (sucre, mélasses…), de blé et de maïs (amidon, cellulose) qu’il est actuellement possible de travailler sur le développement d’une nouvelle génération de biocarburants dits de 2ème génération. Grâce aux recherches actuellement menées sur la biomasse, ces carburants de seconde génération pourront être produits à partir de la plante entière : cette optimisation de la plante, supérieure aux techniques actuellement pratiquées, permettra de démultiplier la production de bioéthanol à surface cultivée égale. Le bioéthanol de 2ème génération est encore, à l’heure actuelle, en cours de développement et son arrivée sur le marché n’est pas prévue avant 2015-2020. En attendant le bioéthanol de 1ère génération reste le seul carburant pour les moteurs essence renouvelable et immédiatement disponible.

7. Un carburant qui répond aux objectifs nationaux et européens de développement des énergies renouvelables

La politique européenne de lutte contre le changement climatique est mise en œuvre à travers un ensemble de réglementations visant un triple objectif à l’horizon 2020 : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, améliorer de 20 % l’efficacité énergétique, atteindre une part de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie de l’UE. Concourant à ces objectifs, la part de biocarburants incorporés dans la consommation totale d’essence doit atteindre 5,75 % en 2010, puis 10 % en 2020. Engagée dans une démarche volontariste, la France s’est fixée un objectif supérieur aux exigences européennes en atteignant le taux de 5,75 % dès 2008 avec un objectif de 7 % pour 2010. Le développement du carburant E85 (qui intègre 85 % de bioéthanol, destiné aux véhicules flex-fuel) et l’utilisation généralisée du SP95-E10 (jusque 10 % de bioéthanol, compatible avec 60 % du parc automobile français) contribuent à la réalisation de cet objectif ambitieux.

 

1. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
2. PriceWaterHouseCooper, 2003-2004.
3. Source : CITEPA



Stéphane Demilly
Stéphane Demilly, Député-maire d’Albert (Somme), président du Groupe d’études sur les biocarburants à l’Assemblée nationale  

Une fois de plus, l’étude qui a été réalisée récemment par l’Ademe démontre que le biocarburant de première génération, fait à l’européenne, présente de nombreux avantages environnementaux. Au plan économique, il offre aux agriculteurs français une diversification de leur production. Au plan sanitaire, on sait que les vapeurs du benzène, que les pétroliers ont tendance à incorporer dans les carburants fossiles, sont extrêmement toxiques ;

 

or, quand on incorpore du biocarburant dans les carburants fossiles on n’a plus besoin d’y mettre ce benzène toxique. Au plan géostratégique, le biocarburant permet de nous rendre indépendants vis-à-vis d’une matière fossile qui est en train de disparaître.



Zoom

Le saviez-vous ?

Le bioéthanol est d’ores et déjà présent, en France, dans tous les carburants essence :
• Dans le SP95 et le SP98, à hauteur de 5 % par litre.
• Dans le SP95-E10, à hauteur de 10 % par litre.
• Dans le Superéthanol E85, à hauteur de 85 %.



En savoir +

> Sur les résultats de l’étude ADEME « Analyses de cycles de vie appliquées au biocarburants »

> Sur les progrès environnementaux de la culture betteravière en France

> Sur le respect des critères de durabilité émis par la Commission européen

> Sur la directive européenne relative aux énergies renouvelables